Flash : Perspectives sur l'emploi et les retraites
Des perspectives intéressantes pour l’emploi des cadres
et des techniciens …. en attendant une retraite
qui s’annonce bien morose !!
Des perspectives intéressantes pour les techniciens et les cadres :
L’APEC (Association Pour l'Emploi des Cadres) révèle que le taux d’encadrement dans l’industrie s’est accru de 4 points entre 1994 et 2010, passant de 12 à 16 %. Un phénomène dû aux gains de productivité qui permettent «une utilisation plus intensive du capital et du travail», mais aussi causé malheureusement par la baisse des effectifs salariés, qui ont chuté de 18 % entre 2004 et 2009. Ces pertes d’emplois sont consécutives aux restructurations, aux externalisations des fonctions auxiliaires et aux délocalisations de sites de production.
L’APEC constate globalement une «tertiarisation de l’économie» : « en 25 ans, le poids des services sur le marché de l’emploi cadre a progressé (47 % des recrutements cadres en 1987 à 68 % en 2010) alors que celui de l’industrie a diminué, de 27 % des embauches de cadres en 1987 à 15 % en 2010». L’agence observe cependant un «redressement» des embauches de cadres dans l’industrie : «après s’être accrues de 14 % en 2010, elles pourraient encore progresser en 2011 jusqu’à 10 %».
Cette enquête est disponible sur notre portail ainsi qu’une autre enquête de l’Apec particulièrement intéressante intitulée « qu’est ce qui a changé en 20 ans chez les cadres ? Et quel est le climat parmi eux actuellement ? »
… mais une retraite qui s’annonce bien morose !!
L’accord AGIRC/ARRCO du 18 mars 2011, signé par la CFDT, FO et la CFTC, porte un sérieux coup de rabot aux pensions de l’AGIRC : de +2,11 % avant l’accord, elles ne seront valorisées que de 0,41 % après. Globalement, les droits des retraités de l’AGIRC sont abaissés de 7,4 milliards (-1,3 milliards pour l’ARRCO). Comme si la baisse de rendement ne suffisait pas, les signataires ont décidé de plafonner les majorations pour enfants à 1 000 euros par an pour chacun des deux régimes et de bloquer les majorations AGIRC à 10 % pour trois enfants et plus...
Pire, le plafond sera proratisé à la durée de cotisation à l’AGIRC, défavorisant ceux qui ont eu une longue carrière professionnelle avant de cotiser au régime des cadres. Bref, l’encadrement cotise plus, touchera moins à la retraite et, s’il a des enfants, est doublement plus pénalisé. Quand on sait qu’une retraite d’un salarié de l’encadrement provient de 40 à plus de 50 % de sa retraite complémentaire, on comprend l’intérêt des assureurs privés qui vont tirer les marrons du feu de cette opération.
De plus, la forte et brutale diminution du taux de réversion de 60% à 54% et le mode de calcul de la pension par rapport aux années de mariage, entrainent une chute inacceptable des pensions des conjoints survivants (essentiellement pour les veuves). Les organisations syndicales, pour lesquelles la défense des intérêts des cadres, techniciens et agents de maitrise est tout à fait secondaire, souhaitent une convergence de l’AGIRC et de l’ARRCO, voire une fusion des deux régimes. Ce qui signifie la disparition du statut Cadre et un nivellement par le bas des pensions.
Pour plus d’informations, en particulier sur ce graphe :
La CFE-CGC avait, ne l’oublions pas, obtenu contre vents et marées par le passé la possibilité du rachat de trimestres pour années d’études, Cette fois-ci elle n’est pas en situation de s’opposer seule à ces signatures scandaleuses. Il faudrait que trois organisations Syndicales le fassent et nous ne sommes que deux. Cependant, elle s’apprête à entamer une procédure de contentieux pour attaquer l’accord en justice
La CFE-CGC avait, ne l’oublions pas, obtenu contre vents et marées par le passé la possibilité du rachat de trimestres pour années d’études, Cette fois-ci elle n’est pas en situation de s’opposer seule à ces signatures scandaleuses. Il faudrait que trois organisations Syndicales le fassent et nous ne sommes que deux. Cependant, elle s’apprête à entamer une procédure de contentieux pour attaquer l’accord en justice
… et aussi, surtout si vous prenez quelques congés, des lectures intéressantes :
Jusqu'ici, tout va bien ! "Enarque, membre du Medef, président de l'Apec, je jette l'éponge !" (Eric Verhaeghe)
Sous couvert de mener de grandes réformes économiques libérales, une aristocratie a dévoyé notre régime démocratique et l a capté à son profit.
A 42 ans, fils d ouvrier passé au moule de l ENA, je suis ni de droite ni de gauche. Et je me pose cette question : que s’est-il passé pour que nous régressions à ce point collectivement ? Où est passée la France dont je rêvais enfant ? Aujourd’hui, elle ne se ressemble plus. Elle me met au bord de la nausée. Elle ne porte plus les valeurs qui ont fait sa grandeur : l engagement au service d un idéal collectif. Elle est plus âpre, plus avaricieuse. Ce qui sert à tous est stigmatisé : Sécurité sociale, école, dépenses publiques. Ce qui sert à l élite et au paraître est vanté : les montres en or, les vacances de luxe, les grosses voitures, le tape-à-l’oeil. Surtout, il y a ce sentiment étrange d être un dissident, de risquer l’excommunication, la damnation, si l on n approuve pas les dérapages de notre société ! Et puis, il y a eu la crise des subprimes et ses scandales. Cette évidence que rien décidément ne tournait plus rond. Alors, j ai décidé de dire ce que j avais sur le coeur. J ai écrit ce livre pour le dire. Et pour aller jusqu’au bout de mon engagement et être cohérent envers moi-même, je quitte la présidence de l APEC et je démissionne du Medef.
Les décennies aveugles : Emploi et croissance (1970-2010) (Philippe Askenazy)
Il y aura bientôt quarante ans, la France faisait connaissance avec le chômage de masse et un régime de croissance erratique. Elle n'en est plus sortie depuis. La faute aux Français et à leurs institutions, explique une doxa d'experts catégorique: les premiers seraient incurablement hostiles au changement, et les secondes inadaptées à la mondialisation. La réalité est très différente. C'est ce que révèle l'histoire comparée des politiques conduites dans ce pays et dans d'autres depuis quatre décennies: le marasme hexagonal est d'abord la conséquence d'erreurs d'analyse et d'aveuglements politiques. Ceux-ci ont empêché l'économie française de prendre pleinement le train de la nouvelle révolution industrielle qui se déployait à travers le monde et transformait le capitalisme. Si l'on veut sortir de cette ornière, rien ne sert d'imiter des modèles dont les leçons prétendues reconduisent en général aux mêmes erreurs. Il faut au contraire changer de paradigme et s'interroger sur les besoins du futur.
Les désordres du travail : Enquête sur le nouveau productivisme (Philippe Askenazy)
Savons-nous bien parler de la pénibilité du travail aujourd’hui ? Rien n’est moins sûr. La "souffrance au travail", le "harcèlement moral" ou encore les "métiers difficiles" forment un lexique flou qui tend à psychologiser, à criminaliser ou à limiter le problème. Ce qui est sûr cependant, c’est qu’elle augmente, occasionnant maladies et accidents dans des proportions inédites depuis longtemps et le plus souvent sous-estimées. Quelles en sont les causes réelles, au-delà des explications psychologiques et idéologiques toujours réductrices ? Comment lutter contre ? Comment redonner un langage social et politique à cette question ?

